Colloque – Le transport fluvial d’engrais et de produits chimiques

Le lundi 23 mars dernier, l’UIC et l’UNIFA ont accueilli le colloque sur le transport fluvial de produits chimiques et d’engrais.

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Avec près de 80 personnes inscrites et une dizaine d’intervenants, cette journée a été un succès.

Jean Pelin et Gilles Poidevin ont introduit le colloque, insistant sur l’importance de la logistique dans l’équation financière d’une exploitation industrielle, sur la part du mode routier, sur le déclin du mode ferroviaire et donc sur l’intérêt de la voie d’eau pour le développement économique de nos entreprises.
La première table ronde a été dédiée aux acteurs publics :

– Aurélie Sunara de la Direction Générale des Infrastructures, du Transport et de la Mer, au ministère en charge de l’environnement, a décrit un réseau navigable qui est le plus grand d’Europe mais dont la part de marché est la plus faible d’Europe : un réseau d’un gabarit souvent trop faible, dont l’entretien nécessite des investissements massifs et qui accueille des bateaux également d’un gabarit encore trop faible pour être tout à fait compétitif et pour répondre aux besoins de certains chargeurs.
Mais ce constat ne doit pas être négatif : le fret fluvial est fiable (il permet le « juste à temps »), économique, écologique (notamment en terme d’émission de gaz à effet de serre et de polluants) et sécuritaire.
La voie d’eau en France a un fort potentiel de développement, c’est la raison pour laquelle le ministère souhaite à présent mettre l’accent sur le transport de marchandises et sur les modes alternatifs à la route, afin que le territoire français soit plus attractif, offrant des solutions logistiques performantes aux entreprises qui y sont implantées ou qui veulent s’y implanter ;
ensemble 2– Cette volonté ministérielle est actuellement illustrée par la conférence ministérielle sur le fret fluvial : Gilles Fournier a présenté les travaux du groupe de travail « Analyse de la demande et développement de nouvelles filières », auquel l’UIC participe activement ;
– Yann Tréméac de l’ADEME[1] a ensuite détaillé les performances environnemental du fret fluvial et a présenté les engagements que sont la charte Objectif CO2 pour les transporteurs et l’engagement volontaires des chargeurs, porté par l’AUTF[2] ;
– Didier Léandri, Président du Comité des Armateurs Fluviaux, a enfin présenté le projet de canal Seine Nord Europe, qui reliera le bassin de la Seine à ceux de nord de la France et du nord de l’Europe.

La deuxième table ronde a été dédiée aux acteurs de la voie d’eau :
– Bertrand Neveux et Eric Dumortier, des Voies Navigables de France, ont décrit le réseau des bassins de la Seine et du Nord – Pas de Calais et ont détaillé les programmes d’aides, comme le PARM (Plan d’Aide au Report Modal), dispositif d’accompagnement des chargeurs et des opérateurs ;
– Olivier Ferrand d’HAROPA[3] a par ailleurs présenté le premier port de France et la large palette de son offre fluviomaritime.
La troisième table ronde a permis aux exploitants de la chimie et des engrais de s’exprimer sur la pertinence du fret fluvial :
– Joseph Colletta, du GIE Osiris qui gère la plateforme de Roussillon (38), a présenté la logistique de la plateforme, avec 15% des flux déjà sur la voie d’eau et 51% sur la route.
Ont été détaillés les avantages et les inconvénients du fret fluvial, par rapport aux besoins de la plateforme chimique ;
– Christophe Beaunoir de la société BOREALIS, a ensuite présenté les projets logistiques liés au projet de fonctionnement des sites du groupe.
Il est clair que la voie d’eau sera décisive dans le développement de la logistique de l’entreprise.

La dernière présentation a été dédiée aux résultats de l’étude menée en partenariat :
– C’est Marc Durance du cabinet Arthur D. Little qui a présenté les travaux menés durant près d’une année.
Ont été énoncés les principales conclusions de l’étude :
– Le recours au fluvial pour les flux massifiés et facilement fluvialisables est déjà mature,
– Les principaux freins au développement du fluvial sont l’image de faible performance ou l’hétérogénéité du réseau,
– Les principales options attractives sont la massification de flux en vrac et le conteneur.
Puis a été détaillée la boîte à outil qui a été construite afin d’identifier et de réaliser une première quantification des opportunités de report modal.
A particulièrement été décrite la Grille multicritères de priorisation des flux, paramétrable pour analyser les besoins des différents acteurs et la pertinence du fluvial.
9. ADL extract
On s’aperçoit que les prochaines étapes vont des « victoires rapides » à l’instruction des sujets de réflexion à plus long terme.
Cette étude est donc une première étape au développement de la voie d’eau.

 

[1] Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie
[2] Association des Utilisateurs de Transport de Fret
[3] Ports de Paris Seine Normandie
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