Monsieur le Premier Ministre, écoutez les Associations Professionnelles !

Lu dans economiematin.fr, l’interview de Pierre Emmanuel Bois, Président du CEDAP, le réseau des dirigeants d’Associations Professionnelles.  

Pénibilité, prévoyance, formation professionnelle, réforme du dialogue social… Jamais l’actualité n’aura été plus mouvante et incertaine pour les entreprises de notre pays. Que chaque Français puisse être couvert par un régime de prévoyance, personne ne le conteste. Que la formation professionnelle soit un investissement plutôt qu’une charge, fait partie des évidences. Que certains métiers puissent être pénibles, beaucoup sont prêts à le reconnaître.

Si les objectifs sont louables, on se rend compte que ces réformes seront contre-productives à moyen ou long terme. En effet, en cassant le système de désignation et son principe de mutualisation, la prévoyance ne pourra plus être financée. En restreignant les formations éligibles à celles qualifiantes ou diplômantes, on écarte les formations qui permettent aux salariés de s’adapter à leur poste de travail. En imposant une fiche individuelle de pénibilité pour tous les salariés le Gouvernement est en train de mettre en place un système ingérable aux conséquences juridiques extrêmement dangereuses.

Pressé d’atteindre ses objectifs, votre Gouvernement oublie un point essentiel : consulter les praticiens, les femmes et les hommes, qui, au quotidien, travaillent dans des TPE représentant 93% des entreprises de notre pays, et les Associations Professionnelles qui les représentent.

Monsieur le Premier Ministre, appuyez-vous sur les 885 Associations Professionnelles qui représentent l’extrême richesse de l’économie française. Commerce, industrie, services, agriculture, artisanat, professions libérales, économie sociale, elles sont les seules qui connaissent véritablement le secteur d’activité qu’elles représentent. Ayez recours à leur expertise. Faites appel à leur compétences. Immergées dans la pratique au quotidien, le collectif est leur ADN. Et au-delà de toute politique, elles ont d’abord le souci de créer des richesses et des emplois.

Car contrairement aux mouvements spontanés qui disparaissent aussi vite qu’ils ont émergé, les Associations Professionnelles nourrissent de leur expertise les débats du présent et éclairent de leur force prospective les enjeux de l’avenir. Elles réinvestissent le temps long entre les politiques dont l’échéance est la prochaine élection et les chefs d’entreprises qui ont souvent le nez dans le guidon. C’est dans la prospective que réside la valeur ajoutée de leurs travaux.

Contrairement aux multiples intérêts individuels, les Associations Professionnelles sont des plateformes de discussion avec l’ensemble des acteurs de la société qui portent et réalisent des projets collectivement partagés. C’est dans la co-construction que réside la pertinence de leurs propositions.

Avec un peu plus de pragmatisme et un peu moins de politique, Monsieur Le Premier Ministre, et surtout en étant à l’écoute des Associations Professionnelles, vous mettrez en place plus aisément les réformes nécessaires dont le pays a besoin.

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